22 février 2013 |
PARTAGER :
La dernière semaine a été marquée par la comparution du ministre de la Culture Maka Kotto devant la commission parlementaire sur l’étude des crédits budgétaires alloués à son ministère. Cette comparution a été quelque peu plombée par l’attitude partisane du ministre. Interrogé sur l’incapacité du Parti québécois à honorer ses promesses électorales plutôt optimistes dans le présent contexte économique, M. Kotto a sans cesse pointé du doigt le précédent gouvernement libéral, devenu bouc-émissaire de toutes les difficultés budgétaires actuelles. L’ex-ministre de la Culture et désormais députée
Christine St-Pierre s’est empressée de répondre à ces remontrances par le truchement des pages du Devoir. Transformer ces travaux parlementaires en querelles partisanes est fort désolant alors qu’une concertation visant à trouver des solutions aux nombreux défis que rencontre le milieu culturel se serait avérée une stratégie nettement plus constructive. Outre ces quelques chamailleries hélas typiques des changements de gouvernement, les questionnements incisifs de la critique officielle en matière de culture, Nicole Ménard, ont toutefois permis de soulever quelques lièvres.
Il a notamment été possible d’apprendre que le projet web d’information régionale et nationale de Télé-Québec, promesse électorale du Parti québécois, est encore bien loin de voir le jour, même si le ministre laissait récemment entendre que sa mise en œuvre était imminente. La raison est fort simple : l’enveloppe de 10 M$ ne figure même pas au budget 2013-2014, plaçant ainsi ce projet sur la glace pour au moins une année. Comme l’observe Frédérique Doyon, il est inquiétant de constater que le ministre a résisté à se commettre sur les dossiers mûrs pour 2013-2014, ne préférant s’ouvrir que sur le dossier Télé-Québec qui ne figure pas aux crédits budgétaires de l’année en cours. Pour ceux et celles qui souhaitent visionner le passage du ministre devant la commission parlementaire, c’est par
ici.
Au cours de la même semaine s’est déroulée la Bourse du Réseau indépendant des diffuseurs d’événements artistiques unis communément appelé RIDEAU. L'événement a bien failli être assombrie par l’annonce de la suspension d’un programme touchant directement à la diffusion des arts de la scène. La semaine dernière, le milieu de la diffusion avait été informé de la suspension du financement de la circulation des spectacles étrangers au Québec pour au moins une année. La veille de l’ouverture de la Bourse RIDEAU,
M. Kotto a fait volte-face en annonçant que l’enveloppe de 125 000 $ serait finalement préservée pour l’année en cours. L’attaché de presse du ministre a indiqué au Devoir : « Il s’agit d’un programme important. C’est sûr que l’enveloppe sera maintenue cette année, et rien n’indique qu’elle ne le sera pas non plus à l’avenir. » Toutefois, il reste à voir comment se traduira la pérennisation de ce programme, puisque son avenir est suspendu aux conclusions d’un examen commandé il y a déjà plusieurs mois et qui pourrait encore s’étirer jusqu’à l’été, selon le cabinet de M. Kotto. Dès lors, ce processus pose un épineux problème au secteur de la diffusion. Comme l’a indiqué RIDEAU au Devoir : « Pendant que l’aide transite dans un fonds temporaire annuel à l’avenir incertain, les diffuseurs, eux, doivent continuer à gérer des échanges avec l’étranger qui prennent en moyenne le double de temps à s’attacher, voire plus. »
La Bourse RIDEAU a aussi été l’occasion de dévoiler un document phare émanant des travaux du comité Théâtre jeune public du Conseil québécois du théâtre.
Le lancement a d’ailleurs eu un écho fort positif dans les pages du Devoir. Intitulé
Vers une politique du théâtre professionnel pour les jeunes publics, ce document a été conjointement réalisé avec l’Association des diffuseurs spécialisés en théâtre (ADST), le Réseau indépendant des diffuseurs d’événements artistiques unis (RIDEAU) et l’Association théâtres unis enfance jeunesse (TUEJ). Fruit de cinq années de travaux menés dans la foulée des seconds États généraux du théâtre professionnel de 2007, ce document offre à la fois un état des lieux et un portrait exhaustif du milieu, avec ses réalités et ses spécificités.
En terminant, une histoire inspirante de médiation culturelle. En misant sur le développement des arts populaires comme porte d’entrée sur la culture, les responsables de salles de la région Centre en France ont su attirer un autre public que le noyau dur d’irréductibles fidèles, et ce, en nouant une solide relation de confiance avec la population. À Châteauroux, « deux à trois visites hebdomadaires du théâtre sont proposées à 1 600 personnes en moyenne tous les ans, en vue de décomplexer les plus réticents ». L’an dernier, on comptait pas moins de 2 260 abonnés et 35 000 spectateurs, soit une fréquentation supérieure à celle du stade de soccer de cette ville. Pour en savoir davantage, c’est
ici.