18 mars 2013 |
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Les nouvelles orientations du Conseil des arts du Canada (CAC) ont déjà fait couler beaucoup d’encre au sein du milieu théâtral. Après la spéculation et les rumeurs autour de la signification de l’engagement des publics,
on apprenait cette semaine que les organismes artistiques jugés moins performants par les comités pourraient subir une baisse de subvention pouvant aller jusqu’à 20 % et ce, sans préavis. Ceci s'ajoute à un remaniement des fonds pour tous les organismes. En effet, l'enveloppe pour les subventions pluriannuelles aux organismes professionnels comportera un mouvement de fonds totalisant 8 %, dont 3 % pour soutenir la tournée à l'échelle nationale et internationale, 1 % pour soutenir l'arrivée de nouvelles compagnies sans lieux dans le programme de soutien au fonctionnement et 4 % pour mieux reconnaître l'excellence artistique et répondre aux priorités du Conseil. Or, ce mouvement de 8 % des fonds n'est pas pour autant synonyme d'une retenue équivalente sur l'ensemble des subventions accordées. Si le théâtre et les arts médiatiques sont les premiers secteurs à vivre la refonte, il faudra cependant attendre les résultats de la présente évaluation des demandes de subvention, probablement vers la fin juin, pour évaluer la pleine ampleur des mouvements de fonds. Autre affirmation surprenante, le vice-président du CAC, Simon Brault, a affirmé que ni le budget global du Conseil, ni les enveloppes globales allouées à chaque secteur artistique ne seraient réduits. Voilà qui rassure à la veille du prochain budget conservateur.
Alors que le gouvernement fédéral a annoncé le dépôt de son prochain budget le 20 mars prochain,
le Mouvement pour les arts et les lettres (MAL) a publié un communiqué pour demander à Ottawa d’accroître progressivement le soutien financier aux arts et à la culture. Le MAL recommande une hausse récurrente de 30 M$ par année pour que le budget du CAC atteigne 300 M$ d’ici 2017. La coalition appuie principalement cette revendication sur la nécessité pour les artistes et organismes de s’adapter aux technologies numériques.
L’aide à la numérisation de la culture se fait toujours attendre. Si le dernier budget du gouvernement libéral s’engageait à hauteur de 20 M$ sur cinq ans dans cette avenue, le gouvernement péquiste semble avoir suspendu l’initiative et préféré retourner à la table à dessin. La Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) ont récemment mené des chantiers de réflexion qui recommandaient au gouvernement de se doter d’une stratégie globale pour réaliser le nécessaire virage numérique, d’autant que le Québec accuserait déjà un retard en la matière. La mouture péquiste d’aide à la numérisation devrait être dévoilée au cours du printemps.
Changement de garde à la tête du CALQ. Le ministre de la Culture Maka Kotto a décidé de ne pas renouveler le mandat de l’actuel président-directeur général, Yvan Gauthier. Cette décision a été mal reçue par les membres du conseil d’administration du CALQ qui ont écrit au ministre pour lui signifier leur appui unanime à M. Gauthier et lui demandé de reconsidérer cette décision, ce qu’a refusé de faire M. Kotto. Yvan Gauthier avait été nommé à ce poste en 2004 par la ministre de la Culture de l’époque, Line Beauchamp, et reconduit dans ses fonctions en 2009 par Christine St-Pierre. Ce matin,
La Presse annonçait que Stéphan La Roche serait nommé sous peu à la tête de la société d’État. M. La Roche est présentement directeur de la musique et de la danse, une des trois directions sectorielles du CALQ.
Peut-être avez-vous déjà entendu parler du système de microdon, de sociofinancement ou encore de crowdfunding ? Ce phénomène consiste à financer un projet artistique par le recours à un financement provenant du public, plus particulièrement des admirateurs qui souhaitent directement encourager un artiste. Ce mode de financement devient de plus en plus courant en musique, mais demeure plutôt inusité en théâtre.
Cet article paru dans Le Soleil expose bien le phénomène.
Enfin, nous vous partagions récemment la lettre de démission du journaliste culturel de Radio-Canada Claude Deschênes dans laquelle il déplorait la diminution inquiétante de la couverture médiatique des arts et de la culture. Une entrevue à ce sujet accordée au site ProjetJ par le journaliste au Devoir et rédacteur en chef de la revue Jeu, Christian St-Pierre, et le journaliste culturel à La Presse, Marc-André Lussier, alimente la réflexion sur cette problématique. À lire
ici.