4 mars 2013 |
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Un article intéressant paru dans La Presse révélait que de plus en plus de dramaturges d’ici sont traduits et joués sur les scènes d’ailleurs. Au-delà des figures plus connues de la dramaturgie québécoise à l’étranger, voilà qu’une nouvelle génération d'auteurs voit leurs textes montés sur certaines des plus grandes scènes du monde, un phénomène fort prometteur pour l’avenir de la dramaturgie québécoise. Comment expliquer cet intérêt d’outre-mer? Il se situe d’abord sur le plan artistique. Aux dires de Laurent Muhleisen, conseiller littéraire et théâtral à la Comédie-Française, « ce qui nous séduit en ce moment dans les écritures québécoises, c'est la manière dont elles convoquent des personnages et des histoires concrets - de la matière à jeu concrète pour des acteurs – à l'intérieur d'une liberté formelle toujours plus grande, et d'une grande inventivité de la langue. Une langue qui sait être extrêmement imagée tout en étant concise. La dynamique et parfois même la rage de leurs textes sont étonnantes. » Mais ces œuvres ne sauraient être connues et reconnus au-delà des frontières sans l’indispensable travail effectué par le Centre des auteurs dramatiques est salutaire (CEAD). Dans le cadre de son festival Dramaturgies en dialogue, événement faisant honneur aux lectures publiques, le CEAD propose des séminaires de traducteurs permettant la découverte de nouveaux textes qui seront ensuite traduits puis diffusés. Ce travail de valorisation des textes québécois se trouve aussi renforcé par les attachés culturels du Québec à l’étranger ainsi que les agents d’auteurs. Parmi les nombreux pays où la dramaturgie québécoise contemporaine est particulièrement prisée, l’Allemagne se distingue du lot. Ce pays possède « un modèle de diffusion idéal, estime Jessie Mill, conseillère aux projets internationaux du CEAD. La structure décentralisée des institutions permet au théâtre de se déployer dans toutes les régions du pays. L'attrait pour nos auteurs, c'est qu'il existe un véritable marché pour eux là-bas. Il n'y a pas de paradis équivalent ailleurs en Europe. » Pour en savoir davantage,
lisez l’article de Jean Siag.
Le journaliste culturel de Radio-Canada Claude Deschênes a annoncé cette semaine qu’il prendra sa retraite le 2 août prochain. Pourquoi vous en informer dans cette revue de presse? Il se trouve que M. Deschênes tire notamment sa révérence en raison d’une impression grandissante que la culture se trouve de plus en plus marginalisée au sein de la couverture médiatique à Radio-Canada.
Ce journaliste culturel de carrière a d’ailleurs tenu à rendre public une lettre pour expliquer les différentes raisons motivant son départ et dont certains passages témoignent sans équivoque de cette préoccupation : « Depuis quelque temps, l'espace accordé à la culture a rétréci. Comme j'ai toujours vu la culture comme un rendez-vous quotidien, je me sens à l'étroit dans ce nouveau contexte. Ma passion n'a plus de place pour s'exprimer. » Après 33 ans à Radio-Canada, il considère que la scène culturelle est devenue « un secteur que le milieu de l’information électronique ne prend pas aussi au sérieux que la politique, l’économie ou le sport ». Cette missive de M. Deschênes est largement partagée par son collègue de La Presse, Hugo Dumas, qui voit dans cette remontrance adressée à Radio-Canada le reflet d’une tendance beaucoup plus lourde dans la couverture médiatique des arts et de la culture : « C'est de Radio-Canada qu'il est question ici - et de ses “coups d'oeil” sur l'actualité culturelle -, mais ces propos collent tout autant à TVA, où les segments culturels se déclinent très souvent en courts clips de 30 secondes. » Dans son article, Dumas mentionne une récente enquête faite par la firme d’analyse médiatique Influence Communication. Il en ressort que « la culture sous toutes ses formes, qui a longtemps trôné dans le top 5, occupait le neuvième rang des sujets les plus traités par les médias (télévision, journaux, radio ou web) en 2012, se faisant même devancer par la cuisine » devenue un divertissement plutôt qu’un service. De plus, « la situation des arts dits traditionnels (livre, danse, théâtre, peinture, photographie, poésie et sculpture) est encore pire. Sur une semaine, leur médiatisation équivaut à celle de 2,4 minutes d'un match du Canadien de Montréal, soit un peu plus que le temps d'une pénalité. Et 98 % de la couverture de ces arts plus pointus provient des bons vieux journaux, les médias électroniques ayant plus ou moins abandonné cette strate. » Ces constats reflètent des préoccupations bien présentes au CQT et auquel il conviendra de s’attarder plus longuement très bientôt.
En terminant, veuillez prendre note que la revue de presse vous sera désormais acheminée le lundi matin plutôt qu'en fin de journée le vendredi. Il n'y a pas de lecture plus idéale pour bien commencer la semaine!