1er février 2013 |
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Alors que plusieurs organismes de théâtre s’apprêtent à déposer une demande de subvention au Conseil des arts du Canada (CAC),
la refonte de ses principaux programmes soulève des inquiétudes. L’un des principes qui sous-tend la démarche du CAC a pour obscure formulation l’« engagement du public envers les arts ». Dans un document de travail remis aux organismes de service du milieu culturel, cet engagement tient en cette énumération : « accroissement soutenu de la participation de chacun à la vie artistique de la société, notamment par la fréquentation, l’observation, le repérage et la collection, la participation active, la cocréation, l’apprentissage, la médiation culturelle et l’expression de la créativité individuelle ».
Une telle définition soulève de nombreuses questions au sein du milieu artistique, notamment en ce qu’elle fait craindre un rapprochement entre pratique professionnelle et amateur.
Interpellé par le Devoir, les précisions apportées par le CAC demeurent plutôt vaseuses. Le chef du service de théâtre, Roger Gaudet, assure que le Conseil n'est pas « en train de réécrire le programme pour lui donner la couleur “engagement du public”, mais d’articuler un discours [autour de cette notion] dans la sphère publique parce qu’on croit que c’est un questionnement qui aura un impact, à long terme, sur le financement public des arts et la santé des organismes artistiques au pays. » Le CAC souhaite favoriser des approches parfois plus citoyennes qui ne supplantent toutefois pas les autres démarches artistiques, « plus du côté de l’expérimentation esthétique ou dans des questions identitaires.» Affirmant qu'il « n’a jamais été question, ni à l’interne ni au conseil d’administration, que le Conseil des arts du Canada soutienne les arts amateurs », le vice-président de l’organisme, Simon Brault, a cependant rappelé que « le mandat de l’organisme ne concerne pas seulement la création professionnelle, mais aussi la diffusion et l’appréciation des arts à travers le pays, donc de faire en sorte que le public s’engage dans les arts professionnels. »
Un article du Devoir publié mercredi laissait entendre que le gouvernement du Québec allait amputer de moitié les 4,5 M$ alloués à Mécénats Placements Culture (MPC). Ce programme permet aux organismes culturels d’égaler, de doubler, voire de tripler le fruit de leurs collectes de fonds grâce à des subventions publiques par l'entremise de MPC. Pour ceux et celles qui en sont restés à cette nouvelle, sachez que
le ministère de la Culture a émis un communiqué indiquant qu’il devra couper de moitié les crédits attribués à MPC pour l’année en cours, mais que la somme retirée sera aussitôt remplacée par les fonds non utilisés du programme pour atteindre 4,4 M$, soit 100 000 $ de moins que le budget actuel. Beaucoup de bruit pour rien donc.
La philanthropie a de nouveau fait la manchette cette semaine alors que l
a Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) lançait mardi le guide La culture, faites-en votre affaire. L’outil pratique recense diverses façons de s’impliquer auprès des organismes culturels. « Ces gens d’affaires sont encore parfois hésitants à s’investir dans les arts. Pourtant, appuyer la culture est à la portée de tous et il existe de multiples façons de le faire à condition de savoir par où commencer. J’invite donc la communauté des affaires à consulter ce nouvel outil et à s’en inspirer pour passer à l’action », a déclaré Michel Leblanc, président et chef de la direction de la CCMM.