Conseil québécois du théâtre
Communiqué sur le budget fédéral 2010-2011
5 mars 2010 | PARTAGER :        

 

Nager en eaux troubles

C’est un statu quo que propose le gouvernement conservateur pour le milieu des arts dans son budget 2010-2011, présenté hier à la Chambre des Communes par le ministre des Finances, Jim Flaherty. Le Conseil québécois du théâtre (CQT) constate qu’aucune réduction majeure des différents programmes concernant les arts n’a été annoncée. En revanche, il se montre inquiet devant la régression progressive des fonds alloués à la pratique artistique professionnelle et l’absence de nouveaux investissements pour stimuler cet important secteur de l’économie canadienne, alors que la création d’emploi et la croissance économique sont les mots d’ordre du Plan de relance économique du Canada.

Le principal organisme de soutien aux arts, le Conseil des Arts du Canada (CAC), se voit attribuer une timide augmentation de 911 000 $ ou 0,5 %, le portant ainsi à 181,7 M$. Le CQT est donc soulagé de constater que l’examen stratégique auquel ont été soumis tous les programmes de dépenses du CAC n’a entraîné aucune réallocation de fonds vers d’autres programmes de Patrimoine canadien. Par contre, on observe une diminution de 4,5 M$ de l’enveloppe globale des subventions et services aux artistes et aux organismes artistiques, laquelle se chiffre dorénavant à 161 M$. « Ces fonds représentent un important fer de lance pour les compagnies et artistes professionnels soutenus par le CAC. La diminution de cette enveloppe ne peut que les rendre davantage vulnérables en cette période d’incertitude économique », déplore Sylvain Massé, président du CQT.

Le budget fédéral s’avère source d’inquiétudes à certains égards pour le milieu du théâtre professionnel québécois. D’abord, il semble qu’aucun nouvel argent ne soit réservé pour la tournée internationale. En effet, les 40 M$ supprimés en 2008 lors de l’abolition des programmes Routes Commerciales et PromArt n’ont toujours pas été réaffectés. Le CAC doit désormais assumer à lui seul la promotion de l’art théâtral québécois et canadien à l’étranger avec des moyens très limités. Outre l’absence d’investissements pour la circulation des oeuvres à l’international, le CQT s’inquiète de l’augmentation du budget du programme Développement des communautés par le biais des arts et du Patrimoine. Celui-ci voit son financement augmenter de plus de 250 %, passant de 1,35 M$ à plus de 4,8 M$. « La hausse des fonds alloués à ce programme confirme la tendance du gouvernement conservateur de vouloir favoriser la pratique artistique amateur et la fréquentation des arts populaires au détriment de la pratique artistique professionnelle », souligne le président du CQT. Enfin, le budget fédéral compte allouer 25 M$ pour les Prix du Canada pour les arts et la créativité. Le CQT demeurera vigilant quant à la véritable nature de ces prix et de la manière dont ils se distingueront des nombreux prix déjà existants, tout en espérant qu’ils servent d’abord et avant tout à la promotion du talent et de l’innovation artistique canadienne.

L’équilibre financier du Canada demeure encore très précaire et le gouvernement conservateur rappelle que tous les ministères devront rationaliser leurs dépenses à compter de la prochaine année. « Dans ce contexte, la force vive que représentent les artistes professionnels demeure menacée. Est-il besoin de rappeler que le théâtre québécois contribue au développement économique du Canada et à l’amélioration de la qualité de vie des citoyens? », de conclure Sylvain Massé.

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