Élections municipales : quels engagements envers la création artistique ?

5 octobre 2009

COMMUNIQUÉ
Pour diffusion immédiate


Le 1er novembre prochain, des élections auront lieu dans l’ensemble des villes du Québec. Les débats au cœur de ces campagnes électorales représentent donc une excellente opportunité pour souligner l’importance du soutien financier des municipalités dans le développement du secteur des arts et de la culture.


MONTRÉAL
Effervescente par la grande concentration d'artistes, de créateurs et de travailleurs culturels qui y vivent et qui y oeuvrent, audacieuse par la place faite à la création contemporaine et par la présence de nombreux festivals qui s'y succèdent tout au long de l’année, Montréal possède tous les attributs d’une métropole culturelle. Afin de se positionner parmi les grandes métropoles du monde, Montréal ne doit pas seulement se contenter de reconnaître le rôle de ses artistes professionnels et leur contribution à l’identité de la ville, mais également de traduire cette reconnaissance par un financement conséquent. 

Jusqu’à ce jour, le soutien accordé aux artistes pour la création ou la circulation des œuvres sur le territoire montréalais ne reflète pas le rôle prépondérant qu’ils occupent dans la cohésion sociale, le développement économique ainsi que le rayonnement national et international de la ville. En effet, le financement alloué par la Ville de Montréal demeure bien en deçà des ambitions de sa politique culturelle. « Depuis la réélection de l’administration de Gérald Tremblay en 2005, le budget du Conseil des arts de Montréal (CAM) n’a augmenté que de 450 000 $, passant de 10 M$ à 10,45 M$ pour soutenir neuf disciplines artistiques. En dépit du soutien essentiel qu’il offre aux artistes et aux organismes culturels associés à ces neuf disciplines, le CAM se voit néanmoins limité par ce budget », précise Martin Faucher, président du CQT. Rappelons que le rapport Bachand, publié en 2003, et qui proposait les principes directeurs, les grandes orientations et les priorités auxquels la Ville devrait adhérer afin d'assumer pleinement le développement de la culture à Montréal et de se positionner comme métropole culturelle internationale, recommandait que le budget du CAM soit alors porté à 20 M$.

 

Le CAM est l’organisme montréalais de premier plan en matière de soutien municipal à la création, à la production et à la diffusion artistique professionnelle, et ce, depuis 50 ans. Croyant fermement qu’un Conseil des arts de Montréal doté de moyens financiers adéquats permettrait d’améliorer les conditions des pratiques artistiques, contribuant ainsi à distinguer Montréal comme une véritable métropole culturelle, le Conseil québécois du théâtre (CQT) souhaite que les fonds octroyés au CAM soient augmentés de manière constante et significative. À cet égard, le CQT se réjouit de la promesse électorale faite par la candidate Louise Harel de doubler le budget du CAM au cours de son premier mandat. 

Le CQT salue la réalisation du Quartier des spectacles, mais redoute que le milieu théâtral soit du coup négligé en faveur des événements majeurs de l’industrie culturelle qui y occupent dorénavant une place importante. « Les artistes qui pratiquent à plus petite échelle représentent une diversité et une richesse à multiples facettes dont Montréal ne peut se priver. Le rayonnement n’est pas uniquement l’apanage des œuvres à grand déploiement, mais émane aussi des petites productions dont la force d’impact ne doit pas être négligée. Montréal s’enrichit autant d’une représentation de Vie et mort du Roi boiteux jouée devant 150 spectateurs en pleine rue Coupal du quartier Centre-Sud que d’un événement majeur présenté sur la Place des Festivals qui attirent des milliers de personnes. La vie culturelle de quartier qui en résulte a autant d’importance que les événements qui se déroulent au centre-ville », souligne Martin Faucher.

 

QUÉBEC
Pour la ville de Québec, l’administration de Régis Labeaume a récemment mis en place le programme Première Ovation afin de soutenir la relève artistique, par l’entremise d’une entente de développement culturel conclue avec le ministère de la Culture, s’échelonnant de 2009 à 2012. Il s’agit d’une mesure positive puisque ce programme vise à soutenir les débuts artistiques des jeunes talents en leur donnant les moyens de créer et de bénéficier de l’encadrement d’artistes renommés. Cela dit, plusieurs artistes professionnels d’expérience et organismes artistiques solidement implantés doivent toujours composer avec un financement ponctuel ou inadéquat de la ville de Québec. Un appui financier plus conséquent et récurrent ainsi qu'une augmentation des enveloppes d’aide à la création leur permettraient de pratiquer et de diffuser l'art théâtral dans de meilleures conditions.

 

LES RÉGIONS
Dans les autres municipalités du Québec, le rayonnement des arts et de la culture passe d’abord et avant tout par un soutien à la diffusion des œuvres. À cet égard, l’aide municipale aux diffuseurs représente la plus importante source de financement public parmi les trois paliers de gouvernement, ce, dans une proportion de 69 %. Cette aide aux diffuseurs régionaux est indispensable puisqu’ils agissent comme une plateforme de première importance pour les artistes. Comme l’indique l’organisme RIDEAU dans sa récente étude sur les coûts de la diffusion, les activités culturelles n’exercent pas uniquement un impact appréciable sur l’économie de ces villes, mais elles influencent aussi positivement la qualité de vie des populations en plus de contribuer au sentiment de fierté et d’appartenance. Par ailleurs, le CQT se réjouit que plus de 140 municipalités et municipalités régionales de comté aient adopté des politiques culturelles au cours des dernières années. Ces politiques culturelles illustrent l’importance qu’accordent désormais les élus aux arts et à la culture et que des gestes concrets sont posés afin de pourvoir au dynamisme de ce secteur. 

« Le CQT rappelle que les artistes professionnels, au travers de leurs œuvres, contribuent à façonner l’identité culturelle de leur ville. Aussi, au cours des prochaines semaines, le CQT souhaite-t-il que les candidats des différents partis politiques prennent position face aux enjeux qui préoccupent le milieu des arts et présentent les actions qu’ils comptent mettre en œuvre pour soutenir la création artistique à sa pleine valeur », de conclure Martin Faucher.

 

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