Les lendemains de la fête

9 septembre 2009

COMMUNIQUÉ
Pour diffusion immédiate

 

Après avoir célébré haut et fort les succès de nos artistes qui ont fait la fierté du Québec au Festival d’Avignon en juillet dernier, une nouvelle saison théâtrale s’amorce. Des centaines de productions sont offertes aux publics du Québec, ainsi qu’ailleurs dans le monde. Aussi, le Conseil québécois du théâtre (CQT) est-il fier de constater l’effervescence et l’ardeur créatrice qui animent plus que jamais le milieu théâtral québécois, preuve que notre art est bien vivant et fortement ancré dans notre société. Ces productions théâtrales professionnelles sont l’œuvre d’une foule de créateurs de grand talent issus de toutes générations : d'auteurs dramatiques, de metteurs en scène, d’interprètes, de concepteurs ainsi que de techniciens de scène et de travailleurs culturels hautement qualifiés qui auront tous à cœur l'accomplissement de nouveaux défis artistiques afin d’offrir à leur public le meilleur d’eux-mêmes.

En cette rentrée théâtrale 2009, le CQT se réjouit des investissements accordés par les pouvoirs publics fédéraux et provinciaux au cours des derniers mois en matière d’infrastructures culturelles. Les constructions et rénovations du Théâtre de Quat’Sous, du Théâtre Denise-Pelletier, du Théâtre d’Aujourd’hui, du Théâtre de La Licorne, du Théâtre du Nouveau Monde, du Théâtre Les Deux Mondes et Aux Écuries répondent directement à des revendications exprimées lors des Seconds États généraux du théâtre, tenus à l’automne 2007. Ces travaux d’infrastructures constituent des mesures concrètes et efficaces pour l’amélioration des cadres de la pratique théâtrale en plus de contribuer à une plus large diffusion des œuvres.

Mais en cette période de soubresauts économiques, plusieurs artistes et compagnies théâtrales souffrent encore et toujours de besoins urgents qui peinent à être comblés. « Bien que l’espace physique soit crucial à la pratique artistique, l’essence de l’art théâtral repose d’abord et avant tout sur l’humain : dans un premier temps, sur l’écriture solitaire de l’auteur dramatique, puis sur le travail créateur et collectif du directeur artistique, du metteur en scène, de l’interprète et du concepteur scénique, accompagné de toutes les équipes techniques et administratives », souligne Martin Faucher, président du CQT. Le gouvernement du Canada, malgré ce qu’il laisse miroiter, accorde bien peu de nouveaux moyens au service du théâtre du Conseil des Arts du Canada (CAC) pour le développement de l’art théâtral québécois, soit 2 millions de dollars supplémentaires investis depuis 2008. Quant à l’enveloppe pour la création en théâtre du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), celle-ci n’a connu qu’une augmentation de 3,18 % depuis 2005, alors que le coût de la vie a cru de 7,7 %. Les investissements alloués par le gouvernement du Québec pour la création théâtrale au cours des trois dernières années ont donc été nettement inférieurs à l'augmentation des coûts de production.

Par conséquent, le CQT veillera à ce que les gouvernements fédéral et provincial posent dans les prochains mois d’autres gestes concrets qui témoigneront de leur compréhension et de leur volonté d’améliorer les conditions de pratiques artistiques et socio-économiques dans lesquelles évoluent les artistes de théâtre au Québec. Autant pour maintenir le niveau d'excellence des compagnies établies que pour accompagner celles de la relève dans leur développement, les budgets des programmes réguliers du CALQ et du CAC doivent être augmentés de manière significative et récurrente dès cette année, consolidant ainsi leur mission essentielle de soutien aux arts. Il est difficile de s’expliquer pourquoi les pouvoirs politiques ne priorisent pas l’augmentation des budgets des programmes réguliers de ces organismes, pourtant sainement gérés et respectés par le milieu.  

« Si des mises à niveau ont récemment été effectuées par nos gouvernements, il n’en demeure pas moins que ces rattrapages restent insuffisants pour répondre aux besoins des artistes et des travailleurs de la culture qui œuvrent au sein des compagnies théâtrales québécoises. Afin que ces moments de réjouissances que nous avons connus lors du Festival d’Avignon ne demeurent pas une fête sans lendemain, il est temps de passer dès maintenant de la parole aux actes en donnant réellement aux artistes les moyens de leurs ambitions », de conclure Martin Faucher. 

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