Si j'étais ministre de la Culture : 1ère lettre

10 mars 2014

 

DANS LE CADRE DE LA CAMPAGNE ÉLECTORALE PROVINCIALE 2014,
LE CONSEIL QUÉBÉCOIS DU THÉÂTRE A INVITÉ DES PERSONNALITÉS PUBLIQUES À S’EXPRIMER SUR LE THÈME
SI J’ÉTAIS MINISTRE DE LA CULTURE.

 
 


Si j’étais ministre de la Culture…
Par Simon Brault, président de Culture Montréal

 
Si j’étais ministre de la Culture, je m’adresserais directement à l’ensemble des citoyens du Québec, plutôt que d’agir comme un ministre au service d’un secteur d’activité ou d’un milieu. Je m’adresserais au plus grand nombre pour attiser le feu de la créativité, susciter la curiosité et la passion pour l’art, raviver la mémoire qui réside dans notre patrimoine et pour que la culture soit considérée comme un droit fondamental et comme une nécessité de tous les jours.
 
Je profiterais de toutes les tribunes, je ne bouderais aucun média et aucune rencontre publique afin de favoriser des échanges avec les créateurs et tous les acteurs du développement culturel sur les enjeux de pertinence sociale et de quête d’excellence qui doivent nous préoccuper alors que le numérique permet un déferlement de contenus qui risquent de marginaliser l’art et de noyer notre culture.
 
Je m’assurerais de poursuivre une conversation de tous les instants et du plus haut niveau avec tous mes collègues, en particulier avec ceux qui sont titulaires des finances, du développement économique, de l’éducation, des affaires municipales et de l’immigration, car la culture est un catalyseur essentiel pour la pleine réalisation de ces grandes missions de l’État.
 
Je chercherais les mots justes et tenterais de réunir les moyens budgétaires, logistiques et opérationnels pour lancer quelques grands chantiers pour que la culture soit bien davantage que l’affaire d’un ministère et pour qu’elle devienne un véritable projet de société, aussi ambitieux qu’inclusif, aussi inspirant qu’urgent.
 
Voici les trois chantiers que je voudrais lancer dans les premiers 100 jours de mon mandat :
 
1. Chantier sur l’éducation artistique et la participation culturelle 
L’avenir de la culture québécoise se décide dans les familles, mais aussi dans les centres de la petite enfance et dans les écoles. L’éducation artistique et culturelle de la jeunesse doit être une priorité absolue au moment où l’accès à la culture rendu possible par Internet privilégie le transactionnel sur le relationnel et la facilité du partage sur la complexité des échanges.Le but de l’éducation artistique est d’outiller les jeunes pour comprendre, interpréter et imaginer le monde en développant une maîtrise du langage de l’art et une connaissance des œuvres et des artistes. L’éducation mène à la participation, à la citoyenneté.
 
2. Chantier pour refonder le soutien à la création artistique 
Pour mieux soutenir les artistes et créateurs d’ici, de même que nos institutions, industries et organismes culturels, j’essaierais de mobiliser l’intelligence et l’imagination du gouvernement, de la société civile et du milieu culturel pour actualiser tous les programmes de financement en arts et culture administrés (MCC, CALQ, SODEC).
 
3. Chantier pour doter le Québec d’une grande métropole culturelle internationale 
Je proposerais qu’on attribue à Montréal les moyens d’assumer pleinement un statut et des responsabilités de premier centre de la francophonie en Amérique du Nord et de grande ville cosmopolite du monde. Le Québec a besoin d’une grande métropole culturelle à l’ère de la globalisation et le 375e anniversaire de la ville est l’occasion idéale pour se positionner à cet égard.


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