Si j'étais ministre de la Culture : 6e lettre

17 mars 2014

 

DANS LE CADRE DE LA CAMPAGNE ÉLECTORALE PROVINCIALE 2014,
LE CONSEIL QUÉBÉCOIS DU THÉÂTRE A INVITÉ DES PERSONNALITÉS PUBLIQUES À S’EXPRIMER SUR LE THÈME
SI J’ÉTAIS MINISTRE DE LA CULTURE.

 

 

Si j’étais ministre de la Culture…
Par Monique Giroux, animatrice et conceptrice

 

Si j’étais nommée ministre de la Culture, je serais ministre de ce que l’on porte en soi, passeure de convictions. On n’est pas ministre de la Culture comme on est ministre des vis et des clous. La culture est un cœur qui bat, une raison de vivre, une valeur à offrir en partage, une expression à protéger, à propager. Elle se renouvèle, s’enrichit sans cesse de ses fréquentations nouvelles et témoigne du temps.
 
Je serais générale de l’armée des arts, des artistes et de chacun de ceux qui s’en nourrissent. Une culture, qu’elle soit vaste ou plus simple, est le sens, l’essence même de ce que nous sommes, de nos valeurs. Elle est la nature même des individus. Elle nous nomme et nous distingue.
 
Je serais ministre de ce que l’on sculpte, de ce que l’on chante, de ce que l’on écrit, de ce que l’on peint, de ce que l’on danse, de ce que l’on joue et qui donc s’exprime ici.
 
Que ferais-je si j’étais ministre de la Culture…, osons…, pour ne rien vous cacher il m’arrive d’en rêver.
 
Je communiquerais. J’animerais la culture (du latin animare – donner du souffle, de la vie).
Je parlerais chiffres, infrastructures et subventions avec les artistes et les organismes qui les représentent, mais je veillerais, en m’adressant à la population, à ce que chacun s’approprie nos couleurs, les mots des auteurs, les pas des danseurs.
 
Pour y parvenir :
  • J’encouragerais l’émergence de nouveaux artistes, mais avec la même force l’émergence de nouveaux publics et consommateurs de culture.
  • En collaboration avec mon collègue de l’Éducation, j’inscrirais au programme scolaire dès la maternelle et jusqu’au niveau collégial des cours d’initiation à la culture sous toutes ses formes et de toutes provenances et d’histoire de l’art.
  • Un programme de sorties culturelles diversifiées pour les élèves sur une base régulière.
  • Tarifs réduits pour les étudiants, les personnes âgées et les moins bien nantis dans les musées, les cinémas, les salles de spectacles et les lieux d’expression culturelle.
  • Publication de nos œuvres littéraires et poétiques traduites dans un certain nombre de langues, a fortiori en anglais. Aurions-nous connu dans le monde entier Cervantes, Neruda, Garcia Marquez et Kerouac s’ils n’avaient pas été traduits ?
Notre culture doit aller vers l’autre. Elle doit voyager, se faire voir et entendre au premier chef par ceux et celles qui choisissent de vivre en ce pays. Pour y parvenir, je créerais en collaboration avec le ministère de l’Immigration :
  • Un grand spectacle annuel et gratuit proposant toutes les formes d’expression artistique par nos plus grands artistes et destiné aux nouveaux arrivants. Un éventail présenté en sept ou huit langues les plus pertinentes. Les bras ouverts, les artistes accueilleraient leur nouveau public. À leur tour, les Québécois, via les artistes, accueilleraient leurs nouveaux voisins, dans la joie,  avec bienveillance et fierté.
  • Production d’une publication gratuite, résumé de l’histoire du Québec, avec les jalons de notre histoire culturelle et des liens internet. Elle permettrait de mieux connaitre les grands personnages de notre culture et donnerait envie aux néo-Québécois de découvrir et de participer à l’essor de leur nouveau pays et de sa culture.
  • Des Centres culturels québécois et de référence à New York, Paris, Shanghai et Buenos Aires. La francophonie est un territoire important à conquérir. Pourquoi ne pas nous offrir aussi au  monde entier ? La langue française n’est pas une barrière, elle est un sésame. Il se trouve des centaines de millions de francophones et de francophiles dans le monde : allons à leur rencontre.
Fantastique catalyseur en matière de développement durable et économique de notre société, la culture génère une rentabilité sur investissement de 300 %. On peut créer et savoir compter.
 
Si j’étais ministre de la Culture, je serais passionnée et communiquerais cette passion. Je serais investie du mandat primordial qui m’incomberait. Je travaillerais à honorer le digne et ardu travail des artistes et artisans en encourageant la production et la diffusion de leurs œuvres auprès du public d’ici et d’ailleurs. Si j’étais ministre de la Culture…


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